132,2 MILLIONS DE COUPURES BUDGÉTAIRES QUI EN PAIE LE PRIX ?
Depuis des mois, UCCO-SACC-CSN exige des réponses. Nous avons demandé au Service correctionnel du Canada (SCC) comment il comptait atteindre l’objectif de réduction de 132,2 millions de dollars fixé par le gouvernement fédéral et quelles en seraient les répercussions pour le personnel de première ligne. Bien que les détails ne soient pas encore tous connus, une chose est déjà claire : les agentes et agents correctionnels seront touchés.
LES FAITS
Le SCC doit réduire ses dépenses d’environ 132,2 millions de dollars d’ici 2028-2029
Les processus d’ajustement des effectifs peuvent être mis en œuvre en cas de suppression ou de restructuration de postes.
DES POSTES EN LIGNE DE MIRE
Le SCC a indiqué qu’il examine actuellement s’il convient de réaffecter, en dehors de
la catégorie CX, les fonctions actuellement exercées par les agentes et agents correctionnels.
Compressions confirmées :
- Certains agent-es de patrouille mobile
- Certains instructeurs et instructrices (CX-3) et maîtres-chiens
- Certains postes dans les unités d’intervention structurée
- Postes liés au Programme d’intégrité (poste colis volant)
- Une partie du personnel affecté aux unités de 96 lits
Postes qui peuvents être supprimés :
- Agents de sécurité (SMO)
- Admissions et sorties
- Visites et correspondances
À l’établissement Grierson, le SCC prévoit transformer cet établissement, qui est actuellement un établissement à sécurité minimale pour hommes, en un établissement à sécurité minimale pour femmes, ce qui aura des répercussions sur environ 15 postes.
RÉDUIRE LA SÉCURITÉ POUR ÉCONOMISER DE L’ARGENT?
Les agentes et agents des patrouilles mobiles et des opérations « Throwover » surveillent les périmètres, interviennent en cas d’intrusion de drones, détectent les marchandises de contrebande, gèrent les situations d’urgence et contribuent à assurer la sécurité publique.
Or, ce sont justement ces postes que le SCC prévoit de supprimer.
À l’heure où les institutions sont confrontées à :
- Montée de la violence
- Augmentation des agressions contre le personnel
- Augmentation de la contrebande et de l’activité des drones
- Pénurie de personnel et heures supplémentaires obligatoires
- Augmentation des troubles de santé mentale chez les agent-es
La solution proposée par le SCC consiste à réduire les effectifs de première ligne.
Moins de personnel. Plus de risques.
LES QUESTIONS QU’ON DOIT SE POSER
Ces compressions vont à l’encontre de la mission fondatrice du SCC : réhabiliter les détenu-es et garantir des systèmes correctionnels sûrs, sécuritaires et respectueux de la dignité humaine.
- En quoi la suppression de postes dans le domaine de la sécurité renforce-t-elle la sécurité publique ?
- Comment la réduction du personnel de première ligne est-elle censée empêcher l’introduction de contrebande dans nos établissements ?
- En quoi le fait d’avoir moins d’agentes et agents sur le terrain améliore-t-il la sécurité du personnel, des détenu-es ou du public ?
- Quelles preuves montrent que « faire plus avec moins » fonctionne réellement ?
- Qui devra assumer la charge de travail supplémentaire lorsque ces postes disparaîtront ?
Moins de personnel sur le terrain signifie moins de ressources pour prévenir les incidents avant qu’ils ne se produisent.