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Un geste hâtif, dissimulé et dangereux, dénoncent les agents correctionnels

(MONTRÉAL — Le 19 avril 2012) Le syndicat représentant les quelque 7 500 agents correctionnels du Canada sonne l’alarme afin d’avertir la population que la fermeture de trois pénitenciers fédéraux entraînera des risques pour le personnel et le public.

Le gouvernement fédéral a annoncé aujourd’hui, qu’à la fin septembre 2013, il fermera le pénitencier de Kingston, le Centre régional de traitement (aussi à Kingston) et l’établissement Leclerc, à Laval. Toutefois, vu le type de détenus hébergés dans ces trois établissements, le Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN) entrevoit des risques et des perturbations considérables au sein du Service correctionnel.

« Il est question ici d’environ 900 des détenus les plus dangereux au Canada : tueurs en série, membres du crime organisé, et des personnes souffrant de sérieux problèmes de santé mentale, souligne Pierre Mallette, président national d’UCCO-SACC-CSN. Le déplacement de ce type de population carcérale créera des cauchemars organisationnels et des problèmes majeurs de sécurité. »

M. Mallette déplore que ni le ministère fédéral de la Sécurité publique ni le Service correctionnel du Canada (SCC) n’aient fait l’effort de consulter le personnel de première ligne à propos des impacts liés à la fermeture hâtive de ces trois importants établissements à la suite des récentes restrictions budgétaires.

« Nous devons nous interroger sur l’orientation à long terme du Service correctionnel, dit Pierre Mallette. Récemment, nous avons été témoins d’une expansion très rapide au SCC. Hier, c’était à pleine vapeur et aujourd’hui nous mettons les freins. Où est l’analyse? Où sont les études sur les besoins futurs du service? Pourquoi une telle désorganisation? Il est impossible de gérer un réseau de 52 établissements de manière improvisée. »

D’après Jason Godin, le président régional de l’Ontario pour UCCO-SACC-CSN, le pénitencier de Kingston remplit toujours son mandat. Vider un établissement à sécurité maximale dans une courte période de 18 mois est une entreprise très périlleuse lorsqu’il n’y a pas d’infrastructure en place pour héberger sa population à haut risque.

« Les quelque trois quarts de la population du pénitencier de Kingston sont déjà en ségrégation, vu les groupes très violents de détenus. On ne peut pas les déplacer n’importe où, et il n’y aura pas assez de cellules à sécurité maximale d’ici 18 mois pour les héberger en Ontario. Ce qui veut dire que ces détenus ou d’autres seront en double occupation. Par conséquent, ça veut aussi dire plus d’attaques contre le personnel et plus de violence entre les détenus », a dit M. Godin.

Le Centre régional de traitement à Kingston s’occupe également d’une population aux prises avec des problèmes sévères de santé mentale qui ne peut pas être facilement absorbée par d’autres établissements note M. Godin.

Au Québec, l’établissement Leclerc est un établissement à sécurité de moyenne-élevée, où plusieurs membres de groupes criminels organisés purgent leur sentence. « Il est vrai qu’il y a, ou aura, des lits vacants dans d’autres établissements du Québec, observe le président régional pour UCCO-SACC-CSN, Pierre Dumont. Mais quel sera l’impact du projet de loi C-10, qui sera bientôt en vigueur, sur la population carcérale? Combien coûtera la fermeture d’un établissement qui est construit selon les normes opérationnelles actuelles? Sommes-nous certains que nous n’aurons pas besoin de cet établissement dans quelques années, ou sommes-nous en train de mettre au rancard un investissement public, ce qui pourrait coûter cher aux contribuables? »

Pour Pierre Mallette, ces fermetures et d’autres mesures de restrictions budgétaires sont une vision à court terme et entraîneront des coûts imprévus pour le SCC et le gouvernement canadien : « Où est la direction calme, rationnelle et informée, qui sait où nous allons et qui prend ses décisions selon une vision à long terme, à l’aide de recherches vérifiables et transparentes? Quel est le plan? »

UCCO-SACC-CSN consultera bientôt ses membres – ce que le SCC n’a manifestement pas fait – sur les actions à prendre face à l’annonce des fermetures. Mais Pierre Mallette lance un avertissement : le syndicat ne restera pas les bras croisés pendant que les membres du syndicat sont exposés à des risques supplémentaires.

« Le SCC et le gouvernement croiseront le syndicat sur leur chemin s’ils continuent sur cette route », a conclu Pierre Mallette.

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