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OTTAWA — Les syndicats représentant le personnel des pénitenciers canadiens, des services frontaliers, du système judiciaire fédéral et des anciens combattants soutiennent que le gouvernement fédéral doit donner des explications et écouter leurs préoccupations au sujet des répercussions des compressions fédérales sur la sécurité publique.

Les dirigeants du Syndicat des agents correctionnels du Canada (UCCO-SACC-CSN), du Syndicat des employé-e-s du Solliciteur général (SESG), du Syndicat des Douanes et de l’Immigration (SDI), du Syndicat des employé(e)s des Anciens combattants (SEAC) et de l’Association des membres de la Police montée du Québec (AMPMQ), qui représentent plus de 33 000 employés du domaine de la sécurité publique, organisent cet automne un forum sur la sécurité publique à Ottawa auquel ils ont invité le ministre de la Sécurité publique, Vic Toews. Or, le ministre a décliné leur invitation.

« Puisque le gouvernement fédéral n’informe pas la population, nous avons décidé de le faire, » déclare Pierre Mallette, président d’UCCO-SACC-CSN dont les membres travaillent comme agents correctionnels dans les pénitenciers fédéraux de l’ensemble du pays. « Nous déplorons que le ministre ait choisi de ne pas nous consulter avant d’imposer ces compressions. Nous espérons toutefois qu’il tiendra compte de nos préoccupations à ce sujet, » ajoute-t-il.

John Edmunds, président du SESG, indique qu’en raison de ces coupes, les agents de libération conditionnelle des pénitenciers fédéraux qui sont déjà surchargés de travail devront désormais assumer une charge de travail encore plus lourde. Dans les établissements à sécurité maximale, par exemple, la charge de travail de ces agents est passée de 25 à 30 détenus.

« C’est insensé de mettre ainsi en péril la sécurité de nos membres et de nos collectivités, » dénonce-t-il.

Pierre Mallette mentionne que ces compressions fédérales mettent en danger ses membres et la population canadienne, car elles entraîneront une augmentation du taux d’occupation des pénitenciers fédéraux déjà surpeuplés.

« Nous savons par expérience que lorsque les conditions de détention se détériorent, nous ne remplissons plus notre mandat de réhabilitation, indique Pierre Mallette. Nous assistons alors au syndrome de la porte tournante : les détenus sortent, commettent des crimes et rentrent aussitôt. Nous craignons que les coupes et les fermetures annoncées ne viennent qu’empirer la situation. »

« Aux services frontaliers, les services du renseignement et les sections comme l’unité de lutte contre le blanchiment d’argent ont été la cible de compressions. Pour l’instant, nous ne savons pas comment le gouvernement compte s’y prendre pour compenser ces pertes, » souligne Jean Pierre Fortin, président du SDI.

« Lorsqu’il s’agit de contrôle des armes à feu, de trafic de drogues illicites et de la sécurité nationale, les services frontaliers demeurent la première ligne de défense du Canada, déclare Jean-Pierre Fortin. Comment le gouvernement fédéral peut-il donc justifier ses réductions dans les services frontaliers, surtout à la suite des récentes fusillades à Toronto et à Montréal? »

D’après le président du SEAC, Yvan Thauvette, ses membres trouvent scandaleux que le gouvernement fédéral envoie des soldats à la guerre alors qu’il ose réduire les services dont ils auront besoin à leur retour du front.

« Assurer la sécurité des Canadiens, c’est aussi traiter avec respect ceux et celles qui mettent leur vie en péril pour nous protéger. »

Gaétan Delisle, président de l’AMPMQ, précise que toutes les compressions dans les services de sécurité publique, pas seulement celles imposées à la GRC, ont des répercussions néfastes sur le travail des agentes et agents.

« Le gouvernement fédéral semble abdiquer ses responsabilités dans ce domaine et on ignore les conséquences que cela aura sur la sécurité publique. »

Les chefs syndicaux disent espérer que le ministre changera d’avis et acceptera leur invitation au forum.

« En attendant, nous examinons divers moyens pour que ce forum sur la sécurité publique soit le plus instructif possible, » conclut Pierre Mallette.

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